LA SCENE
Je crois que pour me découvrir il faut du temps. Il fait
être disponible. Ce que je fais est tout en demi-teinte. Si le public vient me
voir, écoute du Chamfort pendant une heure et demi, il a des chances d'être
séduit, du moins je l'espère. Je ne suis pas de ceux qui ont un impact
foudroyant et immédiat, qui peut frapper sur la vision d'une chanson en télé
par exemple.Il faut, je crois, au moins écouter un album pour se faire une
idée de moi (que ce soit pour adhérer ou rejeter). Un passage en radio d'une
chanson n'évoque pas suffisamment de choses aux gens. Cela reste un peu froid,
distant. Les gens manquent d'informations et d'éléments pour pouvoir
m'apprécier. La scène peut me donner cette chance, parce qu'automatiquement, on
est obligé de me consacrer un peu de ce temps. (Numéro 1 - Mai 1983). |
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En fait j'adore la scène …/... J'ai besoin de temps pour
convaincre. Je ne suis pas très performant sur les courtes distances, comme les
passages télé, par exemple. En revanche je pense que sur une heure et demie que
dure le spectacle, j'aurai le temps de créer un lien, les moyens de proposer
quelque chose. Et puis j'aime bien l'idée que des gens d'horizons assez
différents vont se retrouver dans la même salle. Je n'ai absolument pas envie
de m'adresser à un seul public. (Rock
& Folk - Novembre 1987)
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Ce qui est étrange, c'est que je sois passé chanteur, sur
le devant de la scène : je suis quelqu'un de timide, j'ai des capacités vocales
limitées, et je ne suis pas prêt à bouffer tout le monde pour m'imposer ! Alors
j'ai accepté les propositions qu'on m'a faites et j'ai adapté mon répertoire à
mes possibilités. J'utilise ma voix peu puissante sur un ton confidentiel, pour
des propos subtils, plus complexes que les slogans qu'on hurle à la foule. Je
m'adresse plus aux individus qu'à la masse. (Interview
Epic Internet - 2000) |
Je préfère de loin un jeune gars barré et novateur qui va
me planter un mauvais accord en plein concert qu'un musicien irréprochable qui
n'est là que pour son cachet. Cela me met en confiance d'être avec des gens qui
en veulent. Cela me permet de tenter plus de choses, d'être un peu plus
moi-même. (Lyon Capitale - Janvier 2004)
A l'époque où je travaillais avec Claude François, j'étais
complètement sous influence : j'essayais de reproduire maladroitement ce qu'il
faisait, j'étais dans une relation un peu artificielle avec le public. Quand
j'ai refait de la scène, au moment de Manureva, il y a avait quatorze synthés. Tout était tellement verrouillé que ça reposait
sur l'ensemble et pas du tout sur moi. J'ai découvert le plaisir de faire des
concerts en jouant avec le pianiste Steve Nieve dans les années 1990. Il m'a
obligé à prendre sur ma timidité. Aujourd'hui j'arrive à combiner l'intimité et
l'énergie : c'est quand même bon d'avoir de l'électricité derrière soi ! ((Le
Monde Aden du 24 au 30 Mars 2004) |
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